Interview d'Alain bauer

Loi sur la "sécurité globale" : l'essor de la sécurité privée, un atout pour l'État ?

18 novembre 2020

Les de?pute?s franc?ais ont entame? mardi l'examen de la proposition de loi sur la "se?curite? globale". L’une des mesures pre?voit le renforcement du recours aux agents de se?curite? prive?e. Un secteur essentiel, en pleine e?volution mais qui pre?sente de nombreuses fragilite?s structurelles.

"Le socle reste le même, l’ordre public demeure la chasse gardée du secteur public, néanmoins il est clair que l’État sous-traite de plus en plus", affirme Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire des arts et métiers et ancien président du Cnaps (Conseil national des activités privées de sécurité), interrogé par France 24. "Le siège de Charlie Hebdo est protégé par des hommes armés qui appartiennent à une entreprise de sécurité privée. On voit des agents de sécurité équipés de gilets pare-balles. Cette situation était impensable il y a encore quelques années en France. La proposition de loi a le mérite de remettre à plat la relation entre la police d’État, la police municipale et le secteur de la sécurité privée. C’est un débat nécessaire car la définition des prérogatives de chacun n’est pas claire pour tout le monde."

Malgré sa croissance, le secteur demeure miné par des problèmes structurels et un fort niveau de précarité qui freinent son expansion. Le rapport parlementaire pointe du doigt la forte concurrence et des marges faibles qui nuisent à la qualité du service. Près de la moitié des agents exerçant une activité de surveillance gagneraient moins de 1 700 euros par mois, malgré l'essor constant du secteur. "Les entreprises ont un problème avec le coût de la masse salariale", explique Alain Bauer. "Comme il est difficile d’employer un salarié à temps plein pour venir ouvrir un bâtiment et le refermer le soir, les entreprises sous-traitent en cascade. Ce système est un poison qui précarise le secteur."

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